Le racisme


Confrontée au racisme

Aurore est une étudiante gabonnaise arrivée en France, il y a 3 ans, elle nous raconte ses confrontations au niveau du racisme.


Le racisme n’est pas un phénomène nouveau.
En effet, il a toujours existé puisque la Bible en parle. Il a donc plus de 2000 ans.
Ex. les juifs et les samaritains ne s’aimaient pas du tout.
Le racisme, c’est avoir des préjugés qui affirment faussement que une race est supérieure à une autre.
C’est aussi une attitude d’hostilité systématique à l’égard d’une catégorie déterminée de personnes.
Je vais vous dire quelque chose de choquant mais sachez qu’à l’origine, tous les hommes naissent racistes.
Chaque personne, inconsciemment, va toujours préférer sa race, la regarder comme la meilleure, qu’elle a une meilleure vision à propos de tel sujet…
Ex. les noirs considèrent en général que leur vision de l’éducation des enfants est meilleure que celle des blancs « trop laxiste » et vice versa…

On se réfère toujours à ce que l’on connaît, ce qui nous ressemble. Ce qui est différent, on n’en veut pas car la plus souvent c’est mouvais, négatif.
Ainsi, on a des préjugés en nous qui nous font considérer inconsciemment que notre race est meilleure et donc supérieure à celle des autres.
On est donc, je suis donc supérieure aux individus qui ne sont pas de la même race que moi.
Cette façon de penser est tout simplement de l’orgueil.
L’orgueil est un problème universel puisque nous descendons tous d’Adam et Eve.
Le racisme est un sous produit de l’orgueil et c’est pour cela que tous les hommes naissent racistes.

Le sentiment « raciste » sommeille en chaque être humain.
Aussi longtemps qu’il n’y aura pas d’événement, de circonstances qui le réveille en moi, je vais toujours considérer que je ne suis pas raciste.

Plusieurs circonstances peuvent réveiller ce sentiment en nous.
Le premier de tous, c’est la confrontation.
Le racisme n’est pas un problème lorsque l’on n’est pas confronté aux individus de race différente, de culture différente.
Ce n’est qu’après la confrontation avec l’autre que l’on peut savoir si on est raciste ou non.
Un exemple, je suis chinoise et j’habite dans une région en Chine où il n’y a aucun noir, je m’en ai jamais vu en face de moi par contre à la télévision oui.
Il n’y a aucun contact…Comment saurais-je si je suis raciste ou pas ?
Un autre genre de circonstances peuvent réveiller ce sentiment raciste en nous sans même qu’il y ait eu confrontation ;
il s’agit de situations qui ont entraînées de la douleur, souffrance pas directement vécu, mais transmises à nous.

Le cas le plus courant, c’est la colonisation et/ou l’esclavage.
Je vais vous raconter ce que j’ai vécu et comment le Seigneur Jésus a changé ma vie.
Je suis africaine et j’ai reçu une bonne éducation mêlé de cultures européenne et africaine.
Mon père et ma mère sont noirs et c’est comme cela qu’ils m’ont élevé.
De part mon éducation, je suis donc normalement ouverte aux autres cultures.
J’ai toujours vu des blancs mais j’étais chez moi, un pays avec une majorité de noirs…
Je n’ai jamais pensé une seule fois que je pouvais être raciste.
Puis, je suis venue en France où la majorité de la population est blanche.
J’ai donc été confrontée à la différence partout et tous les jours, que ce soit dans les bus, à la fac, dans les administrations…
Et c’est là que tout a commencé.

Quand j’étais à l’école primaire, on étudiait « les grands voyages maritimes du 15e siècle ».
Là, on étudie comment les blancs sont venus coloniser l’Afrique et les ravages qu’ils ont commis.
Dans notre conscience, sans toujours le vouloir, on commence à détester ces blancs qui ont fait tant de mal à nos ancêtres et pour les punir de nous avoir tant fait souffrir, on refuse de pardonner,
on considère le blanc comme un voleur, on le dédaigne et l’insulte dans notre cœur surtout lorsque en grandissant, on découvre qu’ils sont à la tête des différentes entreprises du pays, que la pauvreté est toujours là et le chômage aussi.
Le blanc rend peut-être service mais, le mal que ses ancêtres à lui ont commis est plus grave.
On travaille pour lui parce qu’on n’a pas le choix, il nous faut du boulot.
On se laisse enseigner par lui parce qu’il nous faut une formation mais en réalité dans notre cœur, on le maudit et le rabaisse constamment.

Il faut savoir que les traces laissées par l’esclavage sont encore là et demeureront toujours dans les générations d’enfants noirs.
C’est ce que l’on appelle la conscience collective.
C’est comme si toute la souffrance, l’amertume, la haine passent par le sang et ne s’extériorise que lorsque l’on est confronté à la différence , à l’autre.

Quand je suis allée à la fac, j’ai commencé à minimiser mes profs.
J’étais là parce qu’il fallait bien que j’écoute mais aucun respect intérieur.
Ils m’énervaient avec leurs « grands airs » et c’est là que la « confrontation » a eu lieu.
Le fait que je vivais maintenant dans un pays étranger avec la majorité des personnes blanches me touchait mais moins que le fait que je doive prendre des cours avec des profs blancs.
J’ai commencé à avoir des préjugés sur eux, à les juger sans aucune raison tout simplement parce qu’ils étaient blancs.

Je me suis fait baptisée 6 mois après mon arrivée en France sans que ce problème me gène. Pour moi, c’était normal.
Mais la situation a vite changé et empiré, je ne distinguais plus et pour moi, tous les blancs étaient mauvais, même ceux de mon église que je considérais comme hypocrites. Pour cela, j’ai eu du mal à m’intégrer.
Je venais à l’église sans problème puisque je m’y étais pas confrontée : j’assiste au culte étant assise à la même place, en général en ayant des voisins comme moi c’est –à-dire des noirs, en ne discutant après le culte qu’avec eux et après, je rentre chez moi.
Pour moi, il n’y avait pas de confrontation.

La situation a empiré avec les chinois.
Dans mon église, il y a une communauté chinoise qui, comme par hasard, ne s’asseyait jamais à plus de deux mètres de moi.
Je dois dire que je les considérais comme des blancs au même titre que les français ou les allemands et ne les appréciais vraiment pas du tout.
Pourtant, les chinois n’ont pas colonisé l’Afrique…
Je ne les aimais pas (même si dans mon pays il y a des chinois). La différence de culture et aussi de langue (surtout) a été mon argument.

Au début, cette situation ne me dérangeais pas.
Mais au fur et à mesure, c’était désagréable car je ne pouvais pas prier sans y penser, prendre la sa sainte cène comme si de rien n’était.
Ma relation avec le Seigneur Jésus était difficile puisqu’il ne fallait pas aborder ce sujet.

L’été est arrivé, fini les cours mais pas la confrontation.
En effet, j’ai été invité au GBU(Groupe Biblique Universitaire) et j’y ai rencontré encore des chinois.
Quelle galère, devoir faire semblant…
Je ne voulais rien entendre d’eux, ne pas entendre cette langue difficile et j’ai même dit « Seigneur, pourquoi as-tu créé une langue pareille », ne pas connaître leurs noms imprononçables… je ne suis plus retournée au GBU cette année là.

La deuxième année a commencé et je ne pouvais plus continuer sur ce rythme.
Je me sentais très mal et ma relation avec Dieu devenait fausse.
La Bible nous demande de nous aimer tous.
Le Seigneur m’a demandé de faire un choix : soit de continuer ainsi, soit d’accepter qu’il me transforme.
J’ai décidé de changer, mais toute seule.
Je faisais des efforts, souriais à tout le monde, essayais de me persuader que je pouvais aimer les blancs et les chinois.
Mais ça n’a pas évolué et duré encore toute l’année.
Malgré mes efforts humains, je me suis rendu compte que ce que la Bible dit est vrai « ce n’est pas par la force ni par l’intelligence que les montagnes seront déplacées, mais par mon Esprit, dit le Seigneur ».
Dans mon cas, les montagnes étaient dans mon cœur.

Devant mon échec, j’ai demandé au Seigneur Jésus de m’aider.
Je l’ai supplié de m’aider à changer pour aimer tout le monde d’un amour vrai.
J’ai reconnu que j’étais raciste devant le Seigneur, car on ne peut soigner quelqu’un qui n’admet pas sa maladie.

Le seigneur a commencé à me travailler dans mon cœur et cet été là, a permit que je rencontre toujours une chinoise chrétienne du GBU.
Je la croisais régulièrement dans les bus et les trames, car elle habitait pas loin de chez moi.
C’est comme cela que nous avons commencé de longues discussions sur les cultures africaine , chinoise, française et sur notre attitude en tant que chrétienne.
Nous sommes peut être de cultures différentes mais si nous sommes chrétiennes, nous devons avoir d’abord la culture de Jésus, c’est-à-dire être internationale.
La rencontre avec cette fille m’a permit de me rendre compte que je ne dois pas m’arrêter sur ce qui est différent, regarder plutôt à ce qui nous unit : Jésus.
J’ai fait beaucoup de progrès avec cette sœur qui m’a fait découvrir plusieurs aspects de sa culture, m’a fait goûter de la nourriture chinoise…
Je remercie le Seigneur parce que durant ces trois mois, nous avons appris à nous connaître, à se respecter, à se confier l’une à l’autre, à prier ensemble, à régoler ensemble.

Aujourd’hui, je n’imagine pas un monde avec une seule culture avec par exemple que des noirs ; ce serait triste.
Dieu en créant la rose a désiré qu’elle soit de différentes couleurs(rose, rouge, blanche, jaune…)
Quelles soient blanche, rouge ou jaune, toutes les roses ont une même tige verte et une même sève.
Dieu a tout aussi désiré en créant les hommes qu’ils aient un épiderme différent tout en ayant tous un sang d’une même couleur : rouge. Toutes ces différences sont des richesses.

Nous sommes différents sur le plan morphologique : le nez des blancs est différent de celui des noirs.
Les asiatiques sont majoritairement de petite taille et ont tous les cheveux noirs alors que les français peuvent être blonds, roux…

Mais Dieu nous a tous doté des même organes : foie, estomac…
Si l’on greffe un malade blanc ou asiatique avec le foie d’un noir ou vice verso, il vivra.
Dieu a désiré tout être humain, c’est lui qui nous a voulu différent.
Pour cela, nous ne devons pas considérer celui qui est d’une autre race, culture comme « petit » car au plan de Dieu, nous sommes tous égaux.

Le plus étonnant dans mon histoire, c’est qu’aujourd’hui, j’ai un amour particulier pour les chinois que seul le Seigneur peut expliquer.
Maintenant, j’apprends le chinois car j’ai beaucoup d’amis, de frères et de sœurs chinois.
J’assiste parfois à leurs réunions qui se déroulent entièrement en chinois et j’ai toujours la grâce d’avoir un frère ou une sœur qui traduit en français pour moi.
Etre la seule noire au milieu d’un groupe de chinois ne me dérange plus et surprend plus les chinois surtout ceux qui ne me connaissent pas.
J’espère partir en Chine bientôt et je sais que ça se fera.

Ma relation avec les français et les blancs en général s’est aussi améliorée.
A l’université, j’ai autant de connaissances blanches que noires.
C’est plus agréable pour moi d’assister aux cours et j’apprécie de plus en plus mes profs.
Je ne ressens plus ce sentiment d’infériorité par rapport à l’homme blanc et j’apprends chaque jour à le respecter puisqu’il est mon égal aux yeux de Dieu.

Dans mon église, je me sens de mieux en mieux et m’intègre petit à petit.
Je sais que je fais partie d’une famille que je n’ai pas choisi et suis heureuse.
Le travail dans mon cœur ne se serait pas fait si je n’avais pas reconnu que j’étais raciste et que j’avais besoin d’aide du Seigneur Jésus.
Cela est primordial et c’est pour cela que j’insiste là dessus.
Aussi, ce changement ne s’est pas fait en un jour ni même en un an.
Il continue jour après jour et continuera toujours tant que je laisserai le Seigneur me transformer.

Parler de ce sujet n’a pas été facile pour moi.
J’ai accepté de participer à cette émission pour dire ce que Dieu peut faire dans les vies.
Le racisme, tout le monde y est concerné soit en le subissant soit en le faisant subir aux autres puisque on ne vit plus dans des sociétés fermées, on rencontre chez soi ou ailleurs des gens différents.
Pour ceux qui ont ce problème du racisme en particulier, je vous invite à vous tourner vers le Seigneur. Je vous ai raconté ce que le Seigneur a fait dans ma vie et c’est vrai.
Jésus agit encore aujourd’hui parce qu’il est vivant.
Pour ceux qui ont d’autres problèmes, difficultés(alcool, drogue, sexualité, échec scolaire, intégration difficile, solitude…), Jésus est le seul qui peut vous aider, le seul qui a des réponses à vos questions.
Il frappe à la porte aujourd’hui et la poignée est de votre coté.
C’est à vous de savoir si vous voulez le laisser entrer.